Flambeau majestueux du Féminin de l'Etre

Hommage renouvelé à toutes les femmes,                                                                               

Et à tous les hommes adorateurs du féminin.

A la lueur de corps et de l'esprit, et dans le cœur de l’Unité. 

 

“Flambeau majestueux du Féminin de l’Être”

 

Je distingue dans  les méandres de mon esprit cette bribe de lumière qui m’accompagne innocemment, au gré des cycles, des saisons, des vagues, et des remous en tout genre.

Persévérante, déterminée, incessante, ardente, étincelante, éternellement présente, elle réside en moi, sans faillir un  instant.

 

Dans des moments de doutes, d’angoisse et de désespoir, il m’arrive parfois de la questionner:

"Que fais-tu là, toujours en moi? N’en as-tu pas assez de ma lutte incessante, de ce combat houleux et insistant, de ce râle sourd et gémissant?  Qu'attends-tu pour me déserter? Que trouves-tu ici dans ce "corps-esprit" qui t'incite à y rester et t'y abreuver?"

 

Voici l’intemporalité de sa réponse, actuelle et vivante plus que jamais.

Voici son hommage et sa célébration à la femme, à toutes les femmes:

 

"Je trouve ici le miracle de la Vie, le parfait réceptacle à ma Lumière, à mon Esprit.

Flambeau inaltéré, inaltérable, je ne me lasse pas de ta prétendue obscurité.

Tu ne m'effraies aucunement, même quand tu "rugis" dans l’immensité du silence, même quand tu te noies dans l'océan de tes larmes.

Car j'habite les profondeurs de ton Être, je surfe sur l’étendu de ton eau et je pétille au sommet de ton volcan bouillonnant.

Tout ce que tu vois en toi comme "morbide" et "défaillant",  tout ce que tu nommes "chaos" et "désespoir", je le vois comme un espace plein, intensément riche de vie, d'une vie sauvage, d'une vie courageuse, audacieuse, d'une vie sincère et  authentique. Je le vois comme une vie en ébullition.

 

Que ta "lutte" est belle,

Que ta quête est noble,

Que ta pureté me touche.

Ce mouvement qui t’habite est mon mets préféré,

Tu as beau le colorer de tous les noms et de toutes les offenses qui te traversent, 

Tu as beau l’injurier, le blasphémer, et le dénigrer,

Je ne cesserai de cohabiter...,

Car tu m’offres le support intarissable à l'expression de mon Être.

 

Tu me permets ainsi de me distinguer dans la plus pure des lumières.

Je suis le metteur en scène, je suis le projecteur, je suis le réflecteur et l'acteur. 

Je suis l’œil de la Conscience, celui qui voit tout, celle qui sent tout.

Pourquoi me priver de ce substrat vivifiant, de ce terreau riche en saveurs, de cet humus bouleversant d'humanité?

Je me nourris de toi, je m’abreuve à ta source.

A travers toi, je me comprends, et je me reconnais.

A travers toi, je prends conscience de ma propre beauté.

Et de la beauté du monde dans toutes ses formes, dans tous ses aspects, dans toutes ses disparités.

 

Ma fonction est celle de t'éclairer dans tous les espaces de ton Être.

Il y a des recoins que tu n’aimes pas visiter,

Alors je t’encourage, et je te pousse...

Dans tes excès et tes retranchements,

Dans tes zones d’ombre et d'obscurité,

Car je te veux transparente, entière, libre et affranchie.

 

Au plus tu te dévoiles,

Au plus je m’agrandis.

Au plus je t’inonde de ma propre lumière,

Au plus tu me révèles l’éclat de ta pureté originelle.

 

Je manifeste alors l’extase de nos retrouvailles, et répands à travers toi cette intimité déconditionnée. 

Tu es la source, l’origine même de mon accomplissement.

 

Alors sois persévérante.

Car ton substrat est riche, ta réalisation est grande.

Et sache qu'au fil du chemin, la patience sera ton alliée la plus fidèle.

Non pas une alliée dénuée de saveurs, mais une compagne d'une infinie délicatesse, qui savoure à chaque instant l'insaisissable quintessence du frémissement de l’Être.

 

Écoute-moi, ressens-moi, respire-moi,  embrasse-moi, effleure-moi, enlace-moi, désire-moi, car  telle est ta fonction ...que de te "délecter" de mon essence, afin de m'honorer et de me célébrer au cœur même de tes cellules, dans l’étreinte vivifiante et enivrante que m'offre inlassablement ton corps de chair.

 

Esprit incarné,

Matière habitée, matière sublimée, matière divinisée.

Flambeau majestueux, réceptacle de l'ivresse, 

Tu es le Calice resplendissant du Féminin de l’Être!"

 

A toutes les femmes, ensevelies ou ressuscitées.

A tous les hommes aimants et conscients, qui les honorent, les révèlent et les subliment.

A l’alchimie suprême, prodigieuse et audacieuse du Féminin et du Masculin de l’Être.

                                                                                                                            

Elisa Freccero